Christophe Vermare, photographe Français né en 1971 aime les projections "décalées" de la réalité. Il découvre, au cours de ses études scientifiques universitaires et plus particulièrement à travers la physique dite "moderne", des logiques de raisonnement proches de ses ressentis. Des observations plus comme des projections d'un certain "vrai" dans l'esprit de l'observateur et moins comme des absolus immuables et universellement reconnus. Il apprécie, ainsi, l'idée simpliste que chacun déforme son espace d'influence en fonction de sa volonté, des ses convictions et, pourquoi pas, de ses rêves.
Petit-enfant et enfant au sein d'une famille Naturiste, la nudité l'entoure et l'accompagne depuis son plus jeune âge. Son attrait pour les corps féminins et leur proximité régulière l'inonde rapidement de visions plus ou moins précises mais toujours fortes. Celles-ci se développent dans son besoin d'imaginer, croire avoir vu plutôt qu'avoir vraiment vu.
Les brèves visions s'intensifient voulant transmettre leur raison d'être, pourquoi ces formes lourdes, ces reflets ondulants, toutes ces alternances concaves déversant leur lot d'émotions, submergeant l'être. Anne, son épouse aujourd'hui, n'apportera pas de réponses mais réduira à son extrême limite la fine frontière entre perception et imagination.
Et l'utilisation d'un appareil photo transformera la collecte des visions en quête et Anne en Muse.
Certaines lumières sur certaines formes, probables mais brèves rencontres que Christophe cherche à figer. Il s'agit avant tout de corps de femme, mais les visions résistent mal à l'isolement du sujet, il faudra souvent la vie autour, les objets, des successions de plans qui pourront se transformer selon les angles de vue. Et toujours pas de regards, pas d'échanges, le voyeur et sa vision sont seuls.
Les tirages s'accumulent, ils se classent, se regroupent, les visions vont maintenant par famille, plusieurs générations se partagent l'espace. L'imaginaire infantile se fait plus vieux; les points de vue se rapprochent; c'est à croire que la vue baisse. Enfin, c'est peut-être simplement l'évolution, le voyeur prend contact, il sort de sa boite percée, il rencontre, il échange, il prendra dans ses bras. Mais il faut ralentir le geste, garder une distance pour mieux appréhender, mieux deviner, et l'appareil aidant, la moisson continue;
les Femmes sont belles... les émotions sont là.